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Alexandre Scriabine Intégrale des Mazurkas François Chaplin PIANO

Alexandre Scriabine (1872 – 1915)
Intégrale des Mazurkas
Etudes No. 11 & 12

François Chaplin, piano

A l'occasion du centenaire de la disparition d'Alexandre Scriabine le label Evidence classics a l'excellente idée de ré-éditer l'intégrale de ses Mazurkas interprétée par François Chaplin , qui les avait découvertes lors d'un voyage en Russie et partager dans un enregistrement paru en 1999. Un enregistrement qui a obtenu alors nombreux éloges de la presse dont un Diapason d'or.
Ces oeuvres sont toujours peu souvent jouées en France, comme la plupart des compositions de Scriabine, ainsi le pianiste qui a bien voulu répondre à quelques questions à l'occasion de cette parution explique dans l'entretien à lire ci-dessous : "C’est un univers mystérieux  fait d’harmonies audacieuses qu’il faut apprivoiser .. il faut se plonger dans les secrets de sa musique .. en quelque sorte, c’est une peu une religion ! "
Cette nouvelle édition, à laquelle s'ajoute deux études, est donc l'occasion pour ceux, encore trop nombreux en France, qui ne connaissent pas beaucoup , voire pas du tout ce compositeur russe de découvrir ces oeuvres écrites dans ce qui est souvent désignée, probablement dans un esprit de simplification comme la "première période" du compositeur puisque que cette intégrale regroupe trois recueils écrits sur une période 15 ans depuis sa jeunesse à l'âge de 16 ans jusqu'à son départ de Russie : l'opus 3 comprend dix mazurkas , l'opus 25 écrit dix ans plus tard en comprend neuf et l'opus 40 composé en 1903 en comprend deux. En effet l'on considére que sa "première période", s'arrête précisément en 1903 et que ses oeuvres essentiellement composées pour le piano sont marquées par l'influence de Chopin en particulier. La petite forme y prédomine (mazurkas, études, préludes), mais en fait ses premières sonates montrent déjà une tendance à s'éloigner des oeuvres traditionnelles et cela se mesure également dans les Mazurkas. Ainsi l'auteur du livret, Robert Prudon, reprend les propos de l'auteur d'une biographie sur ce compositeur parue en 1923 , Boris de Schloezer : "Il serait inexact et par trop réducteur de ne voir dans ce Scriabine qu'un "pâle épigone de Chopin" et le biographe souligne à quel point "l'art de Scriabine, loin d'imiter celui du grand compositeur polonais, le prolonge, l'assouplit, le rend plus fluide[...] l'émoi de Scriabine est d'une autre sorte et traduit d'autres préoccupations, en un mot s'il est évident que le romantisme est pour Chopin la seule et unique façon de s'exprimer , il ne présente pour Scriabine qu'une étape qu'on le voit franchir fiévreusement en se dirigeant vers autre chose ."
On peut se demander pourquoi Scriabine, né un an avant Rachmaninov, ne bénéficie pas de la même réputation que cet autre compositeur russe, même si cette interrogation disparait partiellement à l'écoute de ces pièces dont l'esprit original et novateur a certes pu dérouter les auditeurs de son époque, d'autant plus que Scriabine n'a pu défendre son oeuvre de longues années puisqu'il est mort brutalement le 27 avril 1915, à l'âge de 43 ans seulement, d'une septicémie. Il avait alors le projet de créer un " Mystère " qu'il ne réalisa jamais, et que sa fille, Marina, décrit ainsi : " Une oeuvre d'art total où s'entrelaceraient, dans une trame serrée, contrapuntique, musique, paroles, lumières, gestes, parfums, et même goûts et contacts".
Un univers mystérieux que l'on perçoit déjà dans les dernières mazurkas de l'opus 40, point de départ vers une autre musique, ainsi pourrez vous le mesurer en écoutant la première mazurka de ce recueil , dont François Chaplin révèle l'atmosphère rêveuse par des notes suspendues avec subtilité.
Cela reste aussi un mystère que cette musique demeure aujourd'hui encore trop peu appréciée d'autant plus que Robert Prudon explique encore au sujet de ces ultimes mazurkas :" Leur caractère elliptique et leur climat éthéré laissent déjà clairement entrevoir l'univers sonore de la 4ème sonate, expression selon Scriabine lui-même , du "vol de l'homme vers l'étoile, symbole du bonheur"... et le récent engouement populaire pour la sonde Rosetta et l'atterrissage du robot européen Philae sur la comète Tchouri montre pourtant combien la conquête de l'espace fait toujours autant rêver, alors pourquoi pas s'y intéresser lorsque ce concept est exprimé en musique et cela même avec quelques interrogations d'ordre mystique ?
Ce disque sort à l’occasion du centenaire de la disparition de  Scriabine, il est une ré-édition d’une disque de 1999 qui avait eu un  Diapason d’or , et s’y ajoute deux études ; que représente pour vous cet anniversaire d’un compositeur dont vous  jouez régulièrement toujours quelques pièces en concert ?
Cette ré-édition est  l’occasion pour le public de redécouvrir les mazurkas qui sont rarement jouées ou entendues .  C’est regrettable car ce sont des pièces pétries de tendresse, de mystères et riches sur le plan harmonique . L’univers de Scriabin m’a toujours séduit et c’est bien le « poète de l’extase » . Il y a chez lui cette dimension mystique  qui m’interpelle , en quête d’une recherche spirituelle ...  
Vous allez régulièrement en Russie, que représente Scriabine pour les Russes aujourd’hui ? Est-ce un  compositeur qui leur est cher sachant qu’il s’est absenté quelques  années pour finalement y revenir et y mourir ?
Scriabine a été oublié un temps et même beaucoup critiqué après sa mort . Après la révolution de 1917 , l’esthétique avait quelque peu changé en Russie et même en Europe .  Aujourd’hui, les Russes considèrent  Scriabine comme un immense compositeur et je pense qu’il sera fêté comme il se doit en 2015.
Vous aviez découvert les partitions des Mazurkas de Scriabine lors d’une  tournée en Russie, ces pièces étaient–elles alors si peu souvent jouées en  France , et le sont-elles toujours ?
Oui, je pense encore que peu de pianistes les jouent aujourd’hui en France . En Russie, je les ai entendues souvent par contre .  Mais d’une manière générale, la musique de Scriabine est de toute façon  peu jouée en France ou en Europe. C’est un univers mystérieux  fait d’harmonies audacieuses qu’il faut apprivoiser .. il faut se plonger dans les secrets de sa musique .. en quelque sorte, c’est une peu une religion !
Les trois opus de Mazurkas, composés respectivement en 1888/1889,  1898/1899 et 1902/1903 sont toutes des œuvres de la première période  créative de Scriabine. Il avait donc seulement 16 ans lors du premier opus de 10 mazurkas écrites plus de quarante ans après les dernières de  Chopin, et Robert Prudon auteur du livret de votre disque, indique que ce 
serait une grave erreur de les considérées comme "un pâle épigone" de  celles-ci mais qu’au contraire elles les prolongent . Que pensez-vous  personnellement des premières mazurkas (op.3) et des suivantes, sont-elles d’ailleurs d’une difficulté technique plus grande que celles  de Chopin ?
Je joue souvent les mazurkas de Chopin dans mes récitals et les mazurkas de l'opus 3 de Scriabine sont très chopinniennes par bien des aspects. Beaucoup de compositeurs se sont intéressés à la mazurka, mais peu ont réussi à servir aussi bien cette danse (au rythme si complexe et délicat) que Chopin et Scriabine. Par contre,  les harmonies de Scriabine sont bien différentes de celles de Chopin , de même que les plans sonores qui rendent parfois l’exécution difficile, notamment dans l’opus 25 . Et le sens des couleurs chez Scriabine est si important .. il faut une grande variété de touchers, d’attaques.
Vous avez ajouté deux études( écrites en 1894). Pourquoi avez-vous  choisi de les ajouter à cette nouvelle édition ?
Ce sont deux splendides  études que j’aime particulièrement et que j’avais enregistré par la suite. J’avais donc souhaité tout naturellement les ajouter à ce disque.
Vous être professeur au CRR de Versailles, conseillez-vous souvent à  vos élèves d’aborder ces pièces et quelles en sont les principales difficultés ?
Oui, il m’est arrivé de les conseiller à certains étudiants qui s’intéresse à la musique de Scriabine. Il faut trouver un juste rubato , une liberté dans le phrasé et user de ½, ¼ de pédales parfois afin de ne pas mélanger certaines harmonies qui sonnent trop sur les pianos modernes d’aujourd’hui .
Quels sont vos prochains concerts et autres projets ? 
Le 27 janvier prochain, je donnerai un concert autour de Jean Cocteau au Théâtre de Saint-Cloud avec le comédien Didier Sandre. Je jouerai Poulenc, Chopin, Schubert avec de magnifiques textes de Cocteau et au printemps, le disque des Impromptus de Schubert  ( opus 90 et 142 ) paraîtra chez Aparté/Harmonia Mundi , suivi d’un récital autour de Schubert à Paris puis des concerts aux USA.

Pour écouter
Alexandre Scriabine (1872-1915)
Mazurka n°1 opus 40
François Chaplin, piano
avec l'aimable autorisation
du label
Evidence Classics
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