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Schubert François Chaplin David Fray Jacques Rouvier PIANO

Cette semaine paraissent deux disques consacrés à des oeuvres de Schubert, enregistrées par deux talentueux pianistes français : François Chaplin et David Fray . Pianistes qu'il n'est sans doute plus nécessaire de vous présenter, puisque suivis par pianobleu.com depuis plus de dix années, les premiers "talent confirmé" et "jeune talent" interviewés pour une présentation sur le site des amateurs de piano, réunis dans cette page. Et, à la sortie de ces nouveaux disques, l'on aurait pu aussi imaginer, et eu sans doute grand plaisir, à les voir partager ensemble une oeuvre pour piano à quatre mains de ce compositeur...
C'est en fait avec son professeur, Jacques Rouvier, avec lequel il a gardé de forts liens d'amitié, que David Fray joue deux des quatre oeuvres de son disque : la Fantaisie D940 en fa mineur et l'allegro en la mineur D947, il est vrai que cela demande une grande complicité. Et de toutes façons le programme choisi par François Chaplin ne demande pas la participation d'un autre pianiste. Cependant les voici donc rapprochés ici... par la force du calendrier et de Schubert.

Il est vrai, que les deux pianistes, ont leur propre tempérament, difficile peut-être à accorder ensemble, quoique parfois les contraires s'associent aussi fort bien. Autant l'un est volubile, autant l'autre est plus réservé. Sans doute, cette différence apparente de tempérament n'est-elle juste pas étrangère au fait que l'un ait préféré attendre plus d'années que l'autre pour se dévoiler au travers de ces oeuvres.
Il n'est pas question ici de comparer les deux pianistes, et pour reprendre ce que disait Pierre Bouyer au sujet de ses pianos, ne comparons pas l'incomparable et, cela est autant vrai lorsqu'il s'agit de pianiste, que de piano : lorsque l'on a choisi de poser le disque sur la platine d'un pianiste que l'on apprécie depuis nombreuses années, et dès lors que l'on se positionne en "candide", que l'on oublie tout ce que l'on a entendu auparavant d'autres interprètes, et l'aborde comme si on l'entendait pour la première fois, on en ressort le plus souvent convaincu(e) que l'on vient d'écouter : "le meilleur pianiste du monde", certes à la condition qu'il soit parvenu à nous faire vivre pleinement cette musique ! Et c'est absolument le cas de ces deux enregistrements. Oui : contentons-nous donc vivre simplement ces deux " voyages" dans l'univers schubertiens, qu'ils soient constitués d'oeuvres de "moyennes ou grandes dimensions", peu importe d'ailleurs.... le plaisir n'en est toujours, lui, que grand ou "inouï' pour reprendre un terme que l'on retrouve dans le livret de chaque disque !
Il n'est donc pas plus question ici de comparer "leur Schubert", en l'occurrence , celui des dernières années de sa courte vie, mais bien de présenter chacun de ces deux albums isolément, ce que chacun y a apporté. Et comme leurs programmes diffèrent, vous invitez à vous les procurez tous deux sans aucune hésitation, car dès lors que l'on commence à se (re)plonger dans la musique de Schubert, vous le savez sans doute déjà, il est difficile de la quitter ! C'est aussi bien là tout l'intérêt de nouvelles éditions d'oeuvres, même déjà enregistrées par multiples pianistes, pour certaines oeuvres d'ailleurs certes récemment, de cependant nous donner cette envie d'avoir envie d'y revenir de nouveau, même si l'auteur en est mort, en nous permettant de revivre différemment à chaque fois un voyage musical que l'on croit connaître, et faire re-naître le compositeur, sa musique si appréciée, à travers ces disques, quant à eux nouvellement "mis au monde" par des interprètes, qui les considèrent presque tel leurs propres enfants.

Et honneur à l'aîné des deux :

Franz Schubert (1797-1828)

4 Impromptus, D. 899 (Op. 90)
4 Impromptus, D. 935 (Op. posth.142)
Franz Schubert (arr. Franz Liszt)
Litanei, S. 562 No. 1 / D. 343

François Chaplin, piano

Ce disque n'arrive pas de manière... impromptue : François Chaplin l'avait annoncé lors d'un très récent entretien, en début d'année, à l'occasion de la ré-édition de son disque des Mazurkas de Scriabine.
A propos des "Impromptus", et de ce titre qui, fut suggéré par l'éditeur, qui avait publié quelques années auparavant les Impromptus du compositeur tchèque Vorisek, un titre approuvé par Schubert, la musicologue Brigitte François-Sappey, explique dans le livret du disque : " La triste saga des Impromptus de Schubert résume ses difficultés éditoriales. En 1827, l'année du "Voyage d'hiver", il en composa huit en deux cahiers. Haslinger ne prend que les deux premiers de l'opus 90, remettant les deux autres sine die. Dix ans plus tard, Diabelli publiera l'opus 142 posthume qu'il dédiera alors à Liszt devenu l'interprète européen des lieder, en les accompagnant ou en les transcrivant pour piano seul, telle Litanei ( Litanie pour le jour des morts) qui sert ici de bis ému. Impromptus, titre choisi par Schubert en cette période si triste de sa vie, qu'est-ce à dire ? Nullement improvisé, les huit morceaux allient la spontanéité des humeurs à une parfaire cohérence musicale, garantie par le camaïeu des couleurs bémolisées. Une subtile poétique d'ombre et de lumière relie les tempos, caractères, modulations inouïes (enharmoniques à la tierce, au ton napolitain), mélodies inépuisables, révolte, désespoir , écart fantastique." ...
François Chaplin, confie ..."Le chemin vers l’univers de Schubert est empli de méandres… Une longue marche vers ce que j’ai toujours perçu comme l’expression suprême de la fragilité de l’âme… car jouer Schubert, c’est pour moi l’aboutissement d’un chemin initiatique… on s'y livre en miroir à ses doutes, ses joies et je me reconnais dans cette confidence discrète. Chacun de ses huit Impromptus, dans leur singularité, est un condensé de l'univers schubertien, de l'esprit viennois si cher au compositeur. Ils sont pour moi comme un voyage intérieur : apprivoiser le soir, éveiller le matin, se mettre à nu et tisser sans peser les couleurs de l'incertitude à celles de l'espoir, c'est se perdre pour mieux se retrouver. C’est tout l’esprit de ces impromptus où la résignation le dispute à la vie, et révèle le génie incandescent de Schubert, dans sa subtile et lumineuse complexité." .
Vous pourrez écouter, en fin de page, le huitième Impromptu, qui curieusement est le plus méconnu, et pourtant au combien haut en couleurs. Une pièce parfois bondissante et dansante, mais riche en surprises. Et si cette pièce comporte un passage tout en délicatesse, vous pourrez constater que le pianiste "réservé", dont il n'est plus nécessaire de complimenter le jeu délicat, nuancé, empli de poésie, sait aussi s'affirmer furieusement lorsque la violence de la musique l'exige ! Un voyage, qui certes se termine dans une paix chargée d'émotion avec la litanie pour le jour des morts, un choix qui peut aussi s'expliquer comme un prolongement de ce qui le précède puisqu'au sujet de ce dernier impromptu , l'auteur du livret indique : " achevé par une chute "piu presto" dans l'extrème grave, inexorablement en mineur, [Schubert] rend peut-être hommage à Vorisek, frère d'âme trop tôt disparu."
Sachez que François Chaplin joue six de ces Impromptus et la Sonate KV 330 en do majeur de Mozart ce 9 mars 2015 , Paris, Théâtre de l'Athénée (20h)
Il sera également le 22 mai à 20h -à Lubéron-Mane- à la Chapelle du couvent des minimes également dans un récital -Mozart- Schubert
et le
03 juin à Paris -20h - Instants Lyriques à Elephant Paname, rue Volney –
Récital Mozart- Schubert , avec la participation de Brigitte Fossey, récitante.

Pour écouter
Franz Schubert
Impromptu n°4 (op.posthume 142) D.935 François Chaplin, piano
avec l'aimable autorisation du label
Aparthe
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Franz SCHUBERT(1797-1828)

FANTAISIE

Sonate en sol majeur ‘Fantaisie’, D.894
Mélodie hongroise en si mineur, D.817
Fantaisie en fa mineur, D.940 *
Allegro en la mineur ‘Lebensstürme’, D.947 *
  
David Fray, piano
*avec Jacques Rouvier, piano

David Fray voue depuis toujours une passion pour la musique de Schubert, ainsi au programme de son premier disque commercial paru en 2006 (après un disque "carte de visite") figurait la Fantaisie en do majeur "Wanderer-Fantasie" ainsi que des transcription de lieder de Schubert par Liszt , et trois ans plus tard, aprés un disque de concertos de Bach, il revenait à Schubert avec les Moments musicaux D.780, l' Allegretto en ut mineur D.915 et quatre impromptus D.899. Il confie d'ailleurs : « Bach est certes le compositeur dont j’ai le plus besoin en tant que musicien, celui vers lequel je reviens toujours, que j’admire et que je révère comme un maître. Mais Schubert est celui qui est le plus proche de ma sensibilité. ».
C'est autour de l'idée de "Fantaisie" ou plutôt "Fantasie" ( en allemand) qu'il a élaboré le programme de ce nouveau disque, même si comme vous avez pu le constater ne figure pas seulement des oeuvres titrées comme telles. Et de même que la notion d'Impromptu exige des éclaircissements, celle de Fantaisie n'est pas évidente non plus . Ainsi l'auteur du livret , le musicologue Rémy Stricker, explique notamment que si Schubert a écrit ce mot en français sur ses partitions, c'est en fait à sa signification en allemand qu'il convient de se référer : le terme a un double sens, improviser et imaginer. Schubert s'en est servi pour désigner parfois des sonates dont les quatre parties sont reliées en un seul tenant avec des transitions inattendues et, précise-t-il, ..." Pour un compositeur souvent considéré comme "le classique du romantisme" c'est justement la manière de laisser libre cours à l'imaginaire et à l'inouï en inventant néanmoins une structure ferme et novatrice" . David Fray aurait pu ainsi , s'il ne l'avait déjà enregistrée, mettre bien sûr la Wanderer-fantaise dans ce programme. La Fantaisie D940, pour piano à quatre mains entre aussi tout à fait dans ce schéma.
C'est donc avecJacques Rouvier - qui semble en fait cumuler les qualités appréciées par David Fray chez Bach et Schubert ( à la fois un maître et ami proche de sa sensibilité) - qu'il partage cette oeuvre qui prend sans cesse des détours inattendus. Le duo fonctionne à merveille : les basses sont très feutrées et les aigus sont naturellement lumineux, on aimerait que le "Lebensstürme" ( Orages de la vie) , un titre donné par l'éditeur Diabelli, qui a même adjoint le qualificatif "Morceau de caractère ", dont certains contemporains de Schubert ont supposé qu'il s'agissait d'un début de sonate inachevée, se prolonge de trois autres mouvements. Cette oeuvre, au caractère certes parfois plus orchestral, peut être considérée comme une fantaisie selon l'auteur du livret car " Somme toute, le morceau semble un peu fantasque - n'était son instabilité modulante, vagabondage incessant dans les tonalités les plus extravagantes" .
La gigantesque sonate en sol majeur D894, avec laquelle commence ce programme, quant à elle, doit ce qualificatif à son premier mouvement qui incite à la rêverie : "un simple accord piano dont la résonance est réveillée à l'instant où elle s'évanouirait par une petite broderie qui en prolonge indéfiniment l'écho". Il ne faut pas se fier au calme apparent de son début, le premier mouvement vire, en son milieu, à un univers d'une violence spectaculaire totalement opposé. Le second mouvement est plus proche d'un chant , le troisième d'une danse, et le finale semble en fait réunir à la fois chant et danse. Ce dernier mouvement tient d'ailleurs aussi de la fantaisie, car semble parfois relever de l'improvisation.
David Fray, tout à fait "chez lui" dans cette oeuvre très contrastée, évoque fort bien cela dans la vidéo que vous pourrez voir ci-dessous, avec en toile de fond la musique des oeuvres qui vous permettra de vous faire une idée de cet album, lui aussi incontournable, que vous ayez, ou non, déjà eu l'occasion d'écouter ces oeuvres, chaque interprète y apporte une part de lui-même. Ici une lumière particulière appréciable, telle une lueur d'espoir même dans les moments les plus sombre... La courte "Mélodie hongroise", en perd presque sa mélancolie, ici emportée par une légèreté aérienne.
David Fray sera en concert : le 24 mars 2015 au Théâtre des Champs-Élysées à Paris,
le 26 mars à l'Opéra Théâtre de Saint Etienne et le 7 avril à Draguignan.
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A voir : David Fray nouvel album Schubert : "Fantaisie" - Présentation

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