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Jean-Philippe Rameau Gabriela Ungureanu Piano

Jean-Philippe Rameau

Pièces en concert
Suite en sol
Suite en la

Gabriela Ungureanu, piano

A l'occasion des 250 ans de la mort de Jean-Philippe Rameau, le label Lyrinx sort ce disque d'oeuvres pour clavier de ce compositeur interprétées par la pianiste Gabriela Ungereanu, qui a pu bénéficier pour sa réalisation d'une aide de Fondation Banques Populaires dont elle est boursière. Un disque que Gabriele Ungureanu, née à Bucarest, qui a été l’élève notamment d’Alain Planès et Abdel Rahman el Bacha, lauréate de plusieurs concours internationaux en piano solo ou en formation de chambre, présentera lors de son concert ce 21 novembre 2014, à la salle Cortot de Paris, pendant lequel elle jouera une sélection de pièces et suites de concert du compositeur sur un piano moderne, encadrée d'oeuvres de Johannes Brahms et Isaac Albeniz, ainsi le précise-t-elle dans une entretien à lire ci-dessous.
C'est l'occasion de revenir sur ce compositeur, né en 1683 et mort donc en 1764, un compositeur beaucoup moins célébré , et moins populaire, dans notre pays que Chopin ou Mozart bien qu'il soit français. Cependant sachez également qu'il est encore temps si vous habitez près de Dijon, sa ville natale qui l'a célébré par un festival, de vous rendre à l'exposition qui se termine le 23 novembre ! Cette exposition retrace l'environnement social, culturel et musical qui favorise la formation de Jean-Philippe Rameau et on peut lire que " La famille Rameau participe pleinement à la vie musicale de la cité. Après le décès de Jean-Philippe Rameau en 1764 à Paris, son œuvre connaît une certaine éclipse qui se prolonge jusque dans les années 1860. Elle est redécouverte grâce à la pugnacité de musiciens dijonnais et à l'engagement de personnalités comme Camille Saint-Saëns."... Et un site internet recense toutes les autres principales manifestations à l'occasion de cet anniversaire.
Dans la biographie de Rameau réalisée par le claveciniste Christophe Rousset on peut lire que "l'on s'accorde à reconnaître en lui le statut de plus grand musicien français des Lumières, en effet il n'en est pas un qui puisse renvoyer un reflet plus révélateur de l'esprit de son temps : plus de 50 ans durant, il occupa la scène de l'académie royale de musique,et ses pièces pour clavier demeurèrent sur les pupitres des clavecins durant tout le XVIIIème siècle![...] Il se vit honoré à sa mort d'un deuil national" et sa musique ne revint sur le pupitre des pianos, et au programme des concerts qu'à la fin du XIXème siiècle..." A l'époque toutes les gloires de la musique française s'attachèrement à restituer ses ouvrages pour les éditions Durand : Saint Saëns, Debussy, Hahn, Dukas etc. Cette "monumentale" ne fut pourtant jamais achevée. Il fallut attendre la renaissance du baroque dans les années 1960, pour qu'on voie rendre à Rameau des honneurs réguliers mais pas à la hauteur de son importance"...
"La nature, si sage et si juste envers tous les hommes, qu’elle ne leur laisse guère le droit d’envier justement leurs semblables, produit cependant quelquefois des hommes d’un talent et d’un génie si extraordinaire, que leur existence est la marque visible d’une prédilection particulière. Tel fut l’Artiste que la France a perdu, tel fut Jean-Philippe Rameau. " C'est en ces mots que débute le long éloge de son contemportain Monsieur Chabanon aussi l'on pourrait s'étonner qu'aujourd'hui cette célébration soit encore relativement discrète... mais après tout Debussy ne déclara-t-il pas "Pourquoi la musique française oublia Rameau est un mystère." car pour lui : "L'immense apport de Rameau est ce qu'il sut découvrir de la "sensibilité dans l'harmonie" ; ce qu'il réussit à noter certaines couleurs, certaines nuances dont, avant lui, les musiciens n'avaient qu'un sentiment confus."...
Sans doute le fait que des compositeurs ultérieurs ont depuis exploité, ou découvert sous une autre forme à leur tour, ce qu'il a notamment apporté dans son "Traité de l'harmonie réduite à ses principes naturels" même si celui-ci donna lieu à polémique à l'époque, a contribué à effacer des esprits ses propres compositions, même si les pièces de clavecin avaient frappé par leur inovation harmoniques illustrant les avancées du théoricien . Rameau y affirme notamment que «la musique est une science qui doit avoir des règles certaines». Son traité fut largement commenté dans le monde musical (Bach, Haendel...) mais aussi philosophique et scientifique.
L'auteur du livret Jean-Yves Bras rapporte que :" L'on a beaucoup glosé sur l'origine des titres des pièces des suites qui se rapporte tantôt à une personne, tantôt à un trait de caractère, à un procédé d'écriture, à un danse.. Il ne faut pas s'attendre à des descriptions trop précises en dehors de quelques exceptions connues comme "La poule" . il s'agit souvent pour le compositeur de stimuler sa créativité"...
Et sans doute faut-il suivre cet autre conseil de Rameau ...« Pour jouir pleinement des effets de la musique, il faut être dans un pur abandon de soi-même » , pour à notre tour l'apprécier à sa juste valeur . La pianiste Gabriela Ungureanu, nous permet d'apprécier à nouveau ses oeuvres, ici sur un piano moderne qui permet de mettre en valeur leur harmonie. Ainsi pourrez vous vous en rendre compte par exemple en écoutant "L'Enharmonique" au sujet de laquelle Rameau commenta :" L'effet que l'on éprouve dans la 12ème mesure de la reprise de l'Enharmonique ne sera d'abord peut-être pas du goût de tout le monde ; on s'y accoutume cependant pour peu qu'on s'y prête et l'on en sent même toute la beauté quand on a surmonté la première répugnance que le défaut d'habitude peut occasionner dans ce cas".. Alors écoutez là attentivement, nul doute qu'aujourd'hui vos oreilles, habituées à ce genre "d'épreuve" , y trouve la beauté !
Dans quelles circonstances ce disque a –t-il pu être réalisé ?
Le disque a été réalisé par le biais de la Fondation Banques Populaires dont je suis boursière; j'ai choisi Lyrinx pour la renommée de son ingénieur du son- Mr Gambini, mais aussi pour l'ambiance familiale qui y règne, car la famille Gambini fait tout ensemble, de la prise de son jusqu'au graphisme de la pochette. Je suis ravie de ce choix, car je me suis sentie très à l'aise, les conditions d'enregistrement ont été idéales et j'ai pu donner le meilleur de moi-même, car dès la première écoute, j'ai reconnu mon son.
Que représente la musique baroque et plus particulièrement Rameau dans votre répertoire ?
La musique baroque représente pour moi la liberté musicale. Je ne peux savoir si tel était l'esprit trois siècles auparavant, mais de nos jours toute interprétation est très codifiée, il faut respecter les traditions et rester dans un certain cadre. Le baroque français permet à mon avis- à travers son ornementation très fournie- de jouer avec le temps, de le fluidifier par moments, de l'arrêter par d'autres, tout en profitant sur notre instrument moderne qu'est le piano de concert de la superposition des couches harmoniques dont Rameau est maître, en faisant souvent entendre des couleurs orchestrales et plein de petits mondes parallèles à travers ses brèves pièces.
Dans son recueil des nouvelles suites Rameau donne des conseils sur la manière de jouer ces pièces : « celles-ci roulent plutôt sur la vitesse que sur la lenteur, [excepté cinq d’entre elles ] mais souvenez vous qu’il vaut mieux en général, pêcher par trop de lenteur, que par le trop
de vitesse
» … qu’en pensez-vous et lesquelles préférez-vous ?
Difficile de décider quelles pièces- lentes ou rapides- j'aime jouer ! Autant la lenteur méditative de la Sarabande (Suite en La) arrête le temps sur la magnifique lumière du La Majeur, autant le caractère de la Poule titille l'écoute de ses images savoureuses, autant goûter à la virtuosité minutieuse des Trois mains ou du Vésinet est juste le dessert du plus fin des restaurants gastronomiques !
Vous avez retenu trois des cinq pièces en concert, pourquoi ce choix ?
La Coulicam est une des pièces les plus imagées de Rameau, où la liberté artistique peut s'épanouir à merveille, dans un tableau de chasse, à la fois impulsif et conquérant. La Livri- qui fut écrite sur la tombe du conte du même nom- a une ambiance très recueillie où le refrain se répète pas moins de quatre fois, un vrai défi pour l'imagination du pianiste ! Aussi le Vésinet, même s'il n'a pas plus d'histoire particulière que de nommer la banlieue parisienne des Yvelines, est une de mes pièces préférées, une des plus personnalisables, où la vitesse d'ornementation donne une merveilleuse impertinence au plus simple des Do Majeur et où les croisements de mains omniprésents colorient à leur tour les différentes voix. 
Vous jouez souvent en duo, avec la pianiste Aurélie Samanie, un duo qui a été récompensé au concours de piano à quatre mains du lions club de Monaco, avez-vous de nouveaux projets avec ce duo , et qu’appréciez-vous dans le piano à quatre mains ?
Le Duo Bohêmes que je forme avec Aurélie Samani s'est formé sur les bancs du CNSM de Paris il y a une dizaine d'années et continue d'exister car la même fougue de jeu et la même enthousiasme de recherche artistique nous lient depuis! Entre spectacles musicaux-théâtraux, concours internationaux et concerts-lecture sur la guerre 14-18 ("Musique et poésie dans le fracas de la guerre" en collaboration avec la récitante Anne-Elisabeth Halpern), notre vie musicale est riche en évènements et en défis. Avoir la chance de travailler avec une pianiste aussi différente et une musicienne aussi curieuse et accomplie est très formateur, chacune ayant ses propres solutions techniques qui s'empruntent et ses propres propositions artistiques- qui s'argumentent !
Vous êtes venue en France pour étudier au CNSMD , et vous êtes chargée de cours à la Sorbonne à Paris depuis 2010, votre pays natal vous manque-t-il , y retournez-vous souvent notamment pour y donner des concerts ?
Je suis venue en France en 2000 après mon Bac à Bucarest, étudier comme beaucoup d'étudiants au Conservatoire de Paris. Cela m'a révélé à moi-même, mais au-delà de ça, mes racines roumaines- auxquelles je reviens régulièrement en y jouant deux fois par an- font prendre de la distance par rapport à l'enseignement "français" reçu, à l'école française de piano que j'adore, mais qu'il faut parfois savoir mettre entre parenthèses pour rendre justice à Bach ou Brahms.
Comment abordez-vous votre concert du 21 novembre Salle Cortot à Paris et quel en sera le programme précis ?
Vendredi 21 novembre 20h30 à la Salle Cortot fêtera tout d'abord Jean-Philippe Rameau et la sortie du disque qui lui est consacré. Je propose la Suite en La, accompagnée d'extraits de la Suite espagnole d'Albeniz qui est d'un clavier très ressemblant, avec une première partie Brahms (Klavierstücke op. 118 et 119).
Cette année 2014 est donc célébré le 250 anniversaire de la mort de Rameau, avez-vous aussi d’autres concerts programmés à cette occasion ?
Je me réjouis de jouer quasiment le même récital qu'à la Salle Cortot à l'Auditorium du Conservatoire de Boulogne sur Mer le mercredi 26 novembre à 18h, pour mes élèves et pour le public du Nord de la France toujours très accueillant et enthousiaste !
Gabriela Ungureanu - Pianiste
Née en Roumanie, Gabriela Ungureanu commence ses études de piano à l'âge de 5 ans. Elle étudie au lycée de musique "Georges Enesco" de Bucarest (1989-2000), auprès d'Alma Peter-Apostoleanu. Elle entre ensuite au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSM), dans la classe d'Alain Planès en piano et Alain Meunier en musique de chambre, et y obtient en juin 2004 le Prix de Piano Mention Très Bien à l'Unanimité. Elle poursuit ses études dans le cadre du cycle de perfectionnement du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Lyon, auprès de Géry Moutier. En 2007 elle est admise en cycle de Master after Master à la Chapelle Musicale Reine Elisabeth en Belgique, dans la classe de Abdel Rachman El Bacha. Elle a suivi des master-classes de Menahem Pressler (Etats-Unis), Anne Queffelec, Brigitte Engerer, Gerardo Vila (Argentine), Karl-Heinz Kaemmerling (Allemagne), Diane Anderson (Belgique), Rudolf Buchbinder (Autriche), Jean-Claude Pennetier (lors de l’Académie Ravel à Saint-Jean-de-Luz, où elle se voit distinguer le Grand Prix Ravel de l'Académie). En 2006 elle devint lauréate de la Fondation des Banques Populaires.
Elle est titulaire de nombreux prix aux concours internationaux: Prix Spécial d’Interprétation au Concours International de piano 4 mains de Valberg (déc 2011), demi-finaliste au Concours International Dranoff de Miami (2013) et Grand prix CMF du Concours Musical de France 4 mains (mai 2012) en duo avec Aurélie Samani, 2e Prix au Concours International «J. S. Bach » Paris (2006), 1er Prix du Concours International du Val Tidone (2006), Italie, Grand Prix du Forum Musical de Normandie (2005), Prix de la FNAPEC au Concours de Musique d’Ensemble de Paris (2006), 1er Prix au Concours International de Pinerolo- Italie (2005), en duo avec la violoniste Vineta Sareika, 1er Prix au Concours de Musique XXème siècle- Bucarest (1998), 3ème Prix au Concours International "Città di Stressa"- Italie (1998), 2èr Prix au Concours "J. S. Bach" (2OO6), 1er Prix et Prix spécial du jury au Concours International "Carl Filtsch" (Sibiu, Roumanie 2002).
Gabriela Ungureanu se produit régulièrement en Roumanie, Belgique, Suisse, Hongrie, France, Italie, Danemark, Angleterre, au Théâtre du Châtelet, à l’Hôtel National des Invalides ou au Théâtre Mogador à Paris, au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, à la Radio Nationale de Budapest ou encore à l’Athénée de Bucarest, ainsi que dans des festivals réputés (Festival Pablo Casals, Menton, Diecigiornate di Brescia, La Roque d'Anthéron, Armonie sotto la roca, Festival des Abbayes). Elle joue aux côtés de musiciens tels que Gérard Poulet, Christian Ivaldi, Quatuor Fitzwilliam ou l’Orchestre Philarmonique George Enescu » de Bucarest et collabore avec des chefs d’orchestre tels que Peter Csaba, Joszef Bali, Claude Villaret. On a récemment pu l’entendre sur les ondes de France Musiques, dans l’émission « Dans la cour des grands » de Gaëlle de Gallic, ainsi que sur TV Images Plus Lorraine, TV Roumanie International.
Son premier disque « Harmonies d’un soir » (Dvorak, Schubert, Ravel, John Pitts) en duo avec la pianiste Aurélie Samani est paru en juin 2012 et en version numérique chez Hypérion (UK) en mai 2014.
« Gabriela Ungureanu est une vraie musicienne, au sens le plus profond du terme, capable à la fois d’ampleur orchestrale et d’une intimité jamais mièvre » Jean-Claude Pennetier


Pour écouter
Jean-Philippe Rameau
Suite ne sol - L'Enharmonique
Gabriela Ungureanu, piano
avec l'aimable autorisation
du label
lyrinx
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