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Liszt Piano Concertos Alexandre Kantorow

LISZT PIANO CONCERTOS MALÉDICTION

Alexandre Kantorow, piano
Tapiola Sinfonietta
Jean-Jacques Kantorow, Direction

LISZT, Franz (1811–86)
Concerto pour piano N° 1 en mi bémol
Concerto pour piano et cordes en mi mineur ‘Malédiction’
Concerto pour piano N° 2 en la majeur

Ce disque est le second enregistré par le pianiste Alexandre Kantorow, à seulement... dix-sept ans ! Alors qu'à cet âge peu de pianistes ont déjà eu la chance de jouer avec un orchestre, on se doute qu'avoir un père chef d'orchestre (et violoniste) a du lui ouvrir bien des portes mais encore faut-il avoir un talent à la hauteur, et cet enregistrement nous permet de découvrir un musicien dont on ne soupçonnerait pas l'âge, ce soutien familial s'avère assurément efficace en ce qui le concerne. Si, plus particulièrement pour ce disque, comme l'indique Alexandre Kantorow dans un entretien à lire ci-dessous, leur collaboration n'a en fait eu lieu qu'au terme d'un travail isolé sur les oeuvres, et qu'il est arrivé que chacun défende parfois des points de vue contraire avant de trouver un accord commun, le pianiste montre déjà une maturité et personnalité affirmée .
L'originalité de ce disque réside aussi de la présence le l'oeuvre "Malédiction", dont le titre posthume donné au concerto pour piano et cordes, que Liszt débuta à l'âge de 23 ans, et révisa sept années plus tard, provient de l'une des évocations qu'il écrivit dans le manuscrit dans le premier thème. Ce thème complet est d'ailleurs désigné, explique l'auteur du livret Michael Emmans Dean : "Orgueil" et est suivi d'une section plus calme " Pleurs, angoisse" suivi d'une transition romantique violoncelle piano seuls, avant un Vivo brillant intitulé "Raillerie" qui conclut l'exposition. Ce matériau est développé et récapitulé dans les sections suivantes. Et il est certes un peu facile de se dire en fait, à mesurer la complicité père-fils, chef d'orchestre/pianiste, que même si Alexandre Kantorow n'a pas choisi l'instrument de prédilection de ses parents ( sa mère est aussi violoniste) le jeune pianiste ne peut se plaindre d'une quelconque "malédiction", bien au contraire il se révèle librement et avec de belles nuances au piano !
Vous pourrez écouter plus bas dans cette page. le troisième mouvement du concerto n°1 pour piano que Liszt commença à écrire en fait avant "Malédiction", la concevant d'abord comme une pièce de virtuosité de grande dimension qui suivait de près le modèle du concerto " Empereur" de Beethoven . Comme souvent, il révisa sa composition à maintes reprises avant de la publier en 1856. Cette version finale comporte quatre mouvements courts joués sans interruption. Vous pourrez notamment y apprécier l'approche particulière de l'orchestre, de dimension chambriste. Un aspect qui tient particulièrement à coeur au pianiste Alexandre Kantorow pour toutes les oeuvres de ce disque. Ainsi également le concerto n°2 où le piano joue plutôt avec l'orchestre qu'en opposition. Orchestre qui d'ailleurs joue le premier thème et poursuit après l'intervention du piano dans la même veine chambriste que le premier concerto. Vous pourrez également voir une vidéo réalisée lors de l'enregistrement de cet album. Un album qui est plus une bénédiction et qui laisse espérer, et désirer, désormais que le pianiste réalise un disque seul !
Vous aviez déjà enregistré un disque en duo avec votre père, cette fois–ci vous êtes accompagné d’un orchestre sous sa direction, comment travaillez-vous avec votre père ?
Nous ne travaillons pas tellement ensemble au début de façon à avoir chacun le temps de se faire une idée de l'oeuvre et de la manière dont nous voulons l'interpréter.  Puis, 2-3 semaines avant le concert (dans ce cas de l'enregistrement) on commence de temps en temps à se voir pour rassembler nos idées. Pour un observateur ça doit plutôt être drôle, Papa qui dirige dans l'air, moi qui joue ma partie, et on essaie en plus tant bien que mal de chanter la partie d'orchestre. 
Ses conseils vont-ils toujours dans le même sens que ceux que vous donnent vos professeurs ? Et quand vous êtes en désaccord qui a la décision finale, vous parce que vous jouez ou lui parce qu’il dirige ?
C'est évident nous ne sommes pas toujours d'accord sur tout et oui mon père n'est pas toujours du même avis que mes professeurs, donc on essaie de se convaincre l'un l'autre qu'on a raison, et finalement nous tombons d'accord. A partir des répétitions avec orchestre, on rajoute un troisième partenaire et ce n'est qu'à ce moment là que nous sommes surs de notre interprétation. Au moment du concert nous n'y pensons même plus , on se contente de jouer et prendre plaisir.
Dans quelle circonstance ce disque a-t-il pu être enregistré ? Ressentez-vous comme un privilège le fait d’avoir pu, à dix-sept ans seulement, déjà enregistrer un disque de concertos ?
J'avais déjà plusieurs fois joué le deuxième concerto et "Malédiction" et donc assez rapidement on a trouvé le projet du CD très intéressant. Mon père avait été le chef du Tapiola Sinfonietta en Finlande pendant treize ans donc il leur a proposé le projet et ils l'ont rapidement accepté. Après l'enregistrement nous n'avions pas encore de label pour le diffuser, mais le preneur de son, Jens Braun, qui travaille pour BIS, leur a envoyé la bande et ils ont accepté avec enthousiasme malgré le fait qu'il y  avait déjà une version des  concertos de Liszt dans leur catalogue.
 Bien évidemment je me sens privilégié , je me rends bien compte qu'à 17 ans il y beaucoup de pianistes qui n'ont jamais eu l'occasion de jouer avec  orchestre alors en plus d'enregistrer un disque de concertos...! Le label BIS est un label basé en Suède qui est un des plus reconnus au monde pour leur qualité sonore et pour leur diversité dans leur catalogue. (plus de 2100 disques tous accessibles) 
Que représente pour vous le Liszt et sa musique ? Est-ce vous ou votre père qui a choisi le programme du disque ?
J'ai toujours adoré Liszt et trouvé que c'est un des compositeurs les plus inventifs de son temps ; il a clairement inspiré Wagner et Mahler. Il varie énormément entre ses pièces de bravoure, ses pièces religieuses, mythologiques, lyriques, de salon et pour un pianiste je trouve que c'est essentiel de jouer ou/et lire ses oeuvres. 
J'avoue que je ne me souviens absolument pas de qui a eu l'idée en premier. 
Comment vous y êtes-vous préparé à l'enregistrement ?
J'ai déjà eu l'occasion de jouer les deux concertos et "Malédiction", et pour cela eu plus l'occasion de les laisser "maturer", et c'est un peu ma manière de  travailler en général. Je travaille à fond une pièce puis je la laisse tomber et je passe à autre chose et quand j'y retourne, je remarque tout de suite une sorte de recul et un acquis de réflexes sur la pièce permettant d'aller plus loin. C'est pour cela que même si je n'avais jamais joué le premier concerto je me sentais à  l'aise dedans. Et c'était, à part les deux concerts avant l'enregistrement, la première fois que je jouais avec le Tapiola. C'est un orchestre rempli d'instrumentistes géniaux et ils prennent leur travail très au sérieux ; je me souviens tout les matins les voir faire des étirements sportifs pendant 10 min avant le début de la session !
Et comment s'est passé l'enregistrement ?
L'enregistrement s'est déroulé dans des conditions très agréables, en particulier grâce au preneur de son Jens Braun, sur qui on pouvait énormément compter. Quand on joue, que ce soit pour moi ou mon père, on est dans le feu de l'action, et ce qui sort au casque peut parfois être loin de ce qu'on a l'impression de faire. 
En plus les sessions sont longues donc avoir quelqu'un qui a une oreille incroyable, un grand sens musical (souvent on travaillait à trois sur la partition et il nous faisait part de sa manière à lui de voir l'oeuvre), et une très grande expérience est très utile. 
Ce qui se passait était que nous essayions de faire des prises très longues le plus possible pour avoir l'énergie d'un concert plutôt que d'un "puzzle 10000 pièces" où on colle des petits morceaux entre eux.
 Et on rejouait plusieurs fois des passages lorsqu'il y avait des difficultés où qu'on cherchait à atteindre quelque chose. Là aussi une chose que j'ai apprise c'est qu'on peut très facilement devenir parano à chercher un idéal et qu'il y a des moments où il faut s'avoir avancer, autrement on  s'embourbe. A la fin d'un concerto, on le rejouait entièrement 2 fois. Puis Jens nous a envoyé tous les fichiers et là papa et moi avons réalisé le plan de montage,  autrement dit écouter les heures de musique enregistrées et choisir les prises finales du disque, travail très éprouvant qui demande énormément de recul et de  sang froid, il faut arriver à imaginer l'enchaînement et curieusement le meilleur résultat n'était pas fait que des prises les plus "parfaites",  souvent les  meilleures prises étaient celles du "concert" à la fin de chaque session. 
Clairement, j'ai adoré cet enregistrement, il s'agit d'une de mes meilleures expériences musicales, et une des plus enrichissantes. Nous avions un rythme d'enfer, mais je ne sentais pas la fatigue j'étais plongé dedans. Une des choses que j'ai adoré était le contact humain avec les musiciens de l'orchestre mais aussi avec le régisseur et les gens de l'administration. 
Qu’est-ce qui vous a tenu particulièrement à cœur dans l’interprétation de ces oeuvres ?
La chose qui me tenait le plus à coeur dans l'interprétation de ce concerto était d'en faire une oeuvre de musique de chambre, le piano n'ayant pas toujours le rôle du soliste dans ces oeuvres, et comme nous avions un orchestre assez léger, nous avons réussi à garder une transparence dans le matériau orchestral et en même temps  nous pouvions obtenir cette rage avec une quasi sécheresse quand il le fallait parce qu'il n'y avait pas cette masse sonore avec le brouhaha de résonance d'un orchestre plus important. Et c'était génial de pouvoir laisser une liberté aux musiciens quand il devaient s'exprimer et au contraire d'accompagner leurs solos. 
« Malédiction », a été publié en 1915 , donc après la mort de Liszt, mais il l’avait débuté dès 1833 et révisé en 1840. Il ne lui donna pas non plus son titre actuel qui est en fait celui du premier motif. Comment explique-t-on qu’il ne l’ait pas publié de son vivant et quelle correspondance ( ou similitude) trouvez-vous entre cette oeuvre pour piano et cordes uniquement, et les deux autres qui sont pour piano et orchestre ? .
La grande similitude entre Malédiction et les autres concertos est sa forme en un mouvement où tous les motifs de départ sont repris et utilisés tout au long de la pièce mais autrement je trouve ce concerto extrêmement différent des deux autres de par son caractère, son écriture entre le piano et l'orchestre (à cordes cela change énormément l'ambiance), il n'y a pas de "solos" d'orchestre.
Et qu’appréciez-vous particulièrement dans ce concerto ?
J'adore l'ambiance très sombre et démoniaque, il y a un côté "savant fou", on a l'impression qu'on est à deux doigts de sombrer dans la démence. J'ai l'impression d'entendre clairement un rituel, avec des motifs rythmiques qui ne bougent pas mais il y a une tension qui augmente tout le temps. Et il y a un contraste violent entre ce côté démoniaque et à un moment une sorte de paradis très calme et scintillant. 
L’auteur de votre livret indique que le premier concerto de Liszt a d’abord été conçu comme une pièce de virtuosité de grande dimension qui suivait de près le modèle du Concerto « Empereur » de Beethoven. Liszt révisera la version finale et notamment choisit d’ajouter un scherzo symphonique en mi bémol aux trois mouvements originaux Cet /Allegretto vivace /allait bientôt devenir célèbre grâce au triangle qui fait partie intégrante de la structure motivique, une inspiration beethovénienne considérée par les contemporains de Liszt comme une faute de goût. Que pensez-vous personnellement de ce concerto , y voyez-vous une quelconque faute de goût  et avez-vous une préférence pour ce concerto / concerto « Empereur »de Beethoven ?
Il est clair que d'un point de vue tonal, en ôtant le scherzo on suit exactement le modèle de l'empereur et le tutti du final dans Liszt a un côté triomphant comme celui de Beethoven . Mais ces deux compositeurs ont tellement d'identité que la comparaison s'arrête là. Le final dans Liszt commence peut être dans le même esprit  que Beethoven mais très vite ça devient une série de variations de plus en plus rapide jusqu'au déchaînement final, alors que Beethoven à ce côté plus noble et stoïque.  
Ensuite concernant le scherzo je ne vois pas trop la faute de goût . J'avoue que je ne peux pas en préférer un, ils marquent tout les deux une énorme avancée pour leur époque dans le genre du concerto pour piano.
L’auteur du livret mentionne également que l’instrumentation chambriste établit un contraste prononcé avec les textures lourdes de ses contemporains allemands tels Schumann, Wagner et Brahms. Que pensez-vous de cette instrumentation particulière ? Et que pensez-vous de son instrumentation / celle du second concerto qui a longtemps été désigné comme concerto symphonique par Liszt ?
J'en ai déjà un peu parlé mais pour moi ces concertos doivent se jouer avec un orchestre léger, d'une part c'est certain que Liszt n'a pas joué ses concertos avec des orchestres de 100 musiciens, et d'autre part l'aspect musique de chambre y ait plus mis en valeur (quand on pense que Chopin, son contemporain jouait ses deux  concertos avec un quatuor à cordes, cela remet les idées musicales en place).
Et le second concerto pousse encore plus loin cet aspect avec son énorme solo pour violoncelle où le piano accompagne comme un lied et où les thèmes reviennent orchestrées de manière différente à chaque fois. Il y a aussi un énorme travail sur la variation qui a été fait dans ce concerto.
Que pensez-vous des concertos de Liszt par rapport à ses œuvres pour piano seul ? Si vous aviez l’opportunité d’enregistré un disque pour piano seul , choisiriez-vous des œuvres de Liszt ou celles d’un autre compositeur, voire de plusieurs compositeurs réunis  ?
Liszt est particulièrement bon orchestrateur, on le voit dans ses poèmes symphoniques, et c'était aussi un brillant pianiste qui savait parfaitement utiliser les possibilités de l'instrument au maximum (il savait faire sonner le piano comme un choeur ou comme un orchestre) et ces concertos sont un exemple parfait de sa dualité.
Je ne sais pas du tout, je pense que j'aimerais un jour enregistrer d'autres pièces de Liszt mais il y également tellement d'autres choses, je pense que je verrai  en fonction de l'envie du moment. 
S’il fallait, comme au concerto « Malédiction » , donner un titre à chacun de ces deux concertos lesquels donneriez-vous  ?
Le 1er concerto : "Chronos" et le 2ème concerto : "Voyage au bout de la vie"
Quelle est votre actualité de concerts ?
Ce mois-ci après quelques jours au Japon pour jouer le 1er concerto ainsi que Malédiction à Osaka au Izumi Hall sous la direction d'Augustin Dumay, je jouerai dans le cadre de Piano Jacobins  lors d'un récital le 20 et enfin le 30 septembre et premier octobre je me rends en finlande à Kymi pour jouer Malédiction puis Wedding cake de  Saint-Saëns.

Pour écouter
Alexandre Kantorow, piano
Liszt
Concerto n°1 en mi bémol majeur
Allegretto vivace- Allegro animato
avec l'aimable autorisation
du label
BIS
cliquez sur le triangle du lecteur
ci-dessous

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A voir Malediction and Liszt Concerto No.1 and No.2. Tapiola Sinfonietta , Jean Jacques Kantorow

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