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Emile Goué Chaînon manquant de la musique française

EMILE GOUÉ ( 1904-1946)
Chaînon manquant de la musique française
Sous la direction de Philippe Malhaire

Il est fort possible que le nom de ce compositeur français ne vous dise pas grand-chose, bien que vous ayez eu l'occasion de le découvrir récemment dans une page sur pianobleu.com au sujet du festival international Albert Roussel (autre compositeur méconnu), mais voici un livre qui vous permettra de le connaître, peut-être même mieux que nombreux autres compositeurs, car cet ouvrage, très documenté, contient notamment un bien très précieux : ses carnets de captivité ( écrits entre 1943 et 1945), d'une importance capitale pour saisir la pensée du compositeur, qui a composé une cinquantaine d'oeuvres et écrits plusieurs ouvrages sur l'écriture musicale, comme l'indique l'éditeur : Harmattan.

Un livre, qui concernera directement nombreux "amateurs de piano " puisque Emile Goué, y évoque le public "amateur" de musique. Certes il n'utilise pas ce mot, dans le sens de "celui qui aime" mais dans le sens de "celui qui n'est pas un professionnel" ... il est vrai qu'il fut, lui-même, considéré parfois comme un compositeur " amateur", et parait-il, en souffrit, sans doute n'aurait-ce point été le cas s'il avait considéré ce qualificatif sous son autre angle. Mais il est vrai aussi que dans ses notes au jour le jour il déclare " Il ne s'agit pas d'aimer ou de ne pas aimer quelque objet, il s'agit de le vivre, de s'intégrer avec" (et cela concerne la musique). On mesure à quel point il "aimait" la musique, , et l'art en général, et donc en faisait sa doctrine de vie, dans son "avis au lecteur", où il indique ne pas chercher à être objectif mais que cette rédaction , et qu'il l'espère pouvoir éclairer son Art dans une certaine mesure , et termine en déclarant : "L'Art a pour mission d'aider l'homme à vivre, c'est-à-dire à accomplir son destiin."
Par ces carnets, l'on comprend un peu mieux pourquoi Emile Goué est peu connu ainsi quand il s'interroge : "Faut-il plaire au public ?" , sa réponse, dans laquelle il distingue deux types d'amateurs, l'un "moyen" et l'autre "initié" , donc quasi professionnel... est négative, et il n'a pas cherché à réaliser une musique "populaire", mais il garde espoir quant au futur de son oeuvre, puisque pour lui, et il est vrai que cela a parfois pu être constaté, mais c'est encore loin d'être toujours vérifié : " le compositeur de musique contemporaine ne doit absolument pas se soucier du jugement du public contemporain. Le public futur lui rendra justice. Les petits-fils de ceux qui l'ont dénigré l'applaudiront ; s'il sacrifie au public qui l'entoure, l'inverse se produira : les petits-fils de ceux qui l'auront applaudi, le dénigreront". Et ne reconnaît-il pas, cependant : ""Le compositeur n'a pas assez le souci du point de vue du public et ses papiers dorment généralement un charabia pseudo-technique sans intérêt"...
Il faut dire aussi que le compositeur ne se présente certes pas toujours sous un angle des plus sympathiques pour tout lecteur, quoique si par hasard l'on n'adhère pas à ses propos, on peut tout au moins en sourire. Ainsi dans une série de pages sur le critique musical, au sujet duquel il a des avis très tranchés, il déclare : "il doit présenter plutôt que juger ! " ( comme quoi le mot "critique" donne aussi matière à interprétation...) Les compositeurs ne sont pas en reste : "Le compositeur n'a pas assez d'indépendance. Il est vrai que par les louanges adressés par lui à tel ou tel chef d'orchestre, il espère se faire jouer par ce dernier" et quant à ceux qui aurait l'idée de cumuler les deux activités : critique musical compositeur... " Il serait bien tentant pour le critique, de composer à son tour. Je lui conseille très vivement de s'abstenir de composer, ou du moins de ne pas rendre publiques ses compositions car ses oeuvres ne peuvent que lui nuire, pour sa réputation...".
Et il est vrai que sur ses réflexions autour de la musique elle-même, certains feuillets de ses carnets peuvent sembler du "charabia" à quelques uns... ainsi, par exemple, des pages sur le monothématisme, qui exigent une grande concentration et quelques recherches ! Mais comme ces "carnets" sont le fruit de conversation, le style en reste souvent accessible. On s'amusera, aussi à relever que présentant une oeuvre d'Albert Roussel, il se permet une petite critique qu'il désigne comme "réserve" ! Et dans l'une de ses notes il s'exprime " Contre l'impressionisme en général et les quatuors de Debussy et Ravel en particulier" . Une conversation, transcrite telle qu'elle (questions/réponses) avec un auditeur, et au sujet d'une oeuvre, est plus abordable, et fort intéressante, notamment il y exprime sa distinction entre les émotions dramatiques qui intéressent le côté affectif et les émotions esthétiques qui intéressent le côté psychologique.
Aujourd'hui, d'autres personnes se chargent de transformer le "charabia" du compositeur, afin de mieux le présenter... ainsi peut-on s'en rendre compte par la seconde partie de l'ouvrage, qui regroupe les Actes de la journée d'études consacrée au compositeur tenue en Sorbonne le 22 mai 2013... Elle contribuera peut-être à sa reconnaissance, dans les années à venir, un certain nombre d'entre elles sont particulièrement intéressantes. L'intervention d'Anthony Girard qui vise à démontrer " la pure nécessité de l'émotion" dans la musique d'Emile Goué. Où l'on relèvera que "La musique d'Emile Goué dut supporter durant sa courte vie un mur d'a priori : un scientifique de cette envergure ne pouvait être qu'un compositeur amateur.[...] Pourtant ce non professionnalisme, s'il ferme des portes est aussi une force. Son activité créatrice reste libre de toute contingence ; il ne fut pas , ou très peu, sollicité pour des commandes, et resta ainsi libre d'écrire selon son bon désir" . Car effectivement , outre composer, Emile Goué enseigna la physique et la chimie en classes de préparation aux concours des grandes écoles. Mobilisé lors de la dernière guerre, il resta prisonnier en Allemagne de 1940 à 1945. A son retour de captivité, il fut nommé, à 41 ans, membre du jury de l’agrégation en 1945.
Également , particulièrement intéressant pour les amateurs de piano : un acte rédigé par Diane Andersen présente l'oeuvre pianistique d'Émile Goué débutant en ces termes élogieux : " La qualité et la richesse de l'oeuvre pianistique d'Émile Goué sont telles qu'au fur et à mesure de mes travaux, elle m'est apparue comme une poupée russe ! Au plus on la pénètre, au plus on voit apparaître des aspects nouveaux découlant de ce que vous venez juste de découvrir et qui ouvrent soudain sur un autre univers".... qui vous donnera envie de lire la suite ! Egalement un acte rédigé par Philippe Malhaire qui analyse deux oeuvres importantes pour piano, certes de manière un peu plus complexe. Et dans l'appendice trois pièces pour piano sont commentées par Philippe Gordien.
Et, peut-être ferez-vous, ou faites-vous déjà, partie de cette génération qui applaudira sa musique, ainsi le prédisait-il, aussi pourrez-vous découvrir après un extrait de livre, plus bas dans cette page, une pièce d'un récent disque d'oeuvres de musique de chambre, paru sous le label *Azur classical" qui a déjà publié plusieurs enregistrements de ces oeuvres. Il s'agit d'un premier enregistrement de cette pièce, et elle est donc parvenue à peu d'oreilles... vous serez peut-être très surpris(e) par celle-ci car ce n'est peut-être pas le meilleur exemple pour montrer l'originalité de sa musique, et sa modernité, en fait cette pièce "lorgne vers le classicisme de Saint Saens", comme l'indique Damien Top l'auteur du livret, dont on trouve aussi le texte de son intervention à la journée d'études dans la seconde partie du livre. Une intervention sur "L'horizon mirifique du d'Émile Goué" qui montre notamment "comment certaines trouvailles du compositeur puisent leur origine chez ses maîtres et collègues et que ses préoccupations correspondent, malgré leur originalité ou leur radicalisme, à celles de ses contemporains ", et en ce qui concerne cette pièce, pour violon et piano, qui date de 1934, c'est donc effectivement le cas, elle ne devrait aucunement déroutée l'auditeur... pas même "l'amateur moyen " !
Un livre qui ne se lit certes pas d'une seule traite, à moins d'être un spécialiste, voire compositeur soi-même, ainsi l'on pourra revenir lire ces "notes au jour le jour ", au jour le jour, et par exemple relever ce propos très important, où il parle encore du fait d'être considéré comme un compositeur "amateur" et surtout dans lequel il explique de nouveau la place de la musique dans sa vie, et dont le début n'est pas sans faire penser au précédent livre du moment, sur un autre compositeur , Scriabine , ... " La musique est pour moi une activité métaphysique , et ne se sépare pas de ma vie. Ce n'est pas moi l'amateur, ce sont les autres musiciens qui tuent le temps en faisant de la musique "... Une musique qui trouve des résonances en son fils Bernard Goué qui apporte en conclusion un émouvant témoignage. Ce livre, passionnant et instructiif sur les interrogations d'un compositeur, ses choix musicaux , sa contribution à la musique française, intéressera tous les curieux, ainsi vous, peut-être ?...
Ci-dessous un extrait du livre (plusieurs pages discontinues) ,
pour vous procurer le livre , voir plus bas avec l'extrait du disque ...


Pour écouter
Émile Goué (1904-1936)
Fleurs mortes pour violon et piano
pièce n°1
Elmira Darvarova, violon
Linda Hall, piano
avec l'aimable autorisation
du label
Azur classical
cliquez sur le triangle du lecteur
ci-dessous

ou cet autre lecteur


Pour vous procurer le livre "Emile Goué Chaînon manquant de la musique française "
cliquez ici
ou sur l'image (amazon ne le propose qu'en format numérique pour kindle)
ou cliquez ici( Fnac en édition papier)
Pour vous procurer le disque..
Emile Goué - Musique de chambre volume 3
Sextuor à cordes op.33 ; Duo pour pour violon et violoncelle op.34 ; Trio pour violon, alto et violoncelle op.22 ; Fleurs mortes pour violon et piano ; trois mélodies pour voix et quatuor op.36 ; l'amitié (Christiane Delmas)

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