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Bach Beethoven Audrey Vigoureux PIANO

Bach
Beethoven

Quasi una Fantasia

Audrey Vigoureux, piano

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Sonate N° 13 en mi bémol Majeur, Op. 27

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
 Fantaisie & Fugue en la Mineur BWV 904

Johann Sebastian Bach (1685-1750)
 Fantaisie & Fugue en do Mineur BWV 906

Ludwig van Beethoven (1770-1827)
Sonate N° 31 en la bémol Majeur, Op. 110

La pianiste Audrey Vigoureux , originaire d'Aix en Provence, a bien fait de ne pas suivre, dans son enfance, l'exemple de son frère qui utilisait l'argent, en principe destiné à ses cours de piano, à acheter des bonbons, alors qu'elle au contraire passait du temps à en jouer, sans même avoir de professeur, inventant des morceaux qu'elle enregistrait avec un magnétophone. Un intérêt, et une assiduité, qui l'ont conduite, des années plus tard, à poursuivre parallèlement ses études à la fois à Genève et à Paris, dans les classes de Sébastien Risler et de Jacques Rouvier. Dès l'âge de 9 ans elle donnait son premier concert public, seule au piano, et à 15 ans elle son premier concert avec un orchestre. Par contre, elle a souhaité prendre son temps avant de se décider à enregistrer ce premier disque, parce qu'elle avait, confie-t-elle dans l'entretien à lire ci-dessous, " l'impression d'une certaine "prétention" à vouloir fixer [ses] interprétations sur un support." Et le titre de cet album "quasi una fantasia" , pourrait laisser croire que cet album est quasiment une fantaisie de sa part. Mais il n'en est rien bien sûr : celui-ci fait référence au fait qu'elle a choisi de regrouper des oeuvres de Bach et Beethoven, dont l'idée qui oeuvre à l'arrière plan est, explique Brenno Boccadero, auteur d'une partie du livret, " la mise en relation des formes de la fantaisie et de la fugue chez Bach, et Beethoven, comme figures emblématiques de conjuguer contraintes et liberté d'écritures".
"Quasi una Fantasia" c'est d'ailleurs le sous-titre donné par Beethoven lui-même à deux de ses sonates, celles de l'opus 27, dont la plus connue est aussi dénommée, non pas par le compositeur, mais un poète : " Clair de lune". Un sous-titre qui a peut-être contribué à effacer la première et lui vaut une moindre réputation , et pourtant tout aussi belle et qui a des caractéristiques particulièrement intéressantes. Ainsi c'est celle choisie par Audrey Vigoureux parce qu'elle lui trouve des similitudes avec l'une des dernières sonates de Beethoven, la trente-et-unième, opus 110 , ce qui n'est pas une mince référence !
La treizième sonate opus 27 n°1, est désignée "comme une fantaisie" parce qu'aucun mouvement ne suit la forme sonate ; tous se jouent sans interruption dans une continuité apparente farcie de sautes d'humeur inattendues, conformément au parcours épisodique d'une fantaisie libre. Et, explique encore l'auteur du livret, "il en va de même dans la sonate op.110 où l'action dramatique du style de sonate phagocyte les artifices plus complexes du contrepoint rigoureux pour mettre en scène la destinée tragique du compositeur partagé entre vertiges mortifères et mirages de rédemption ."
Mais avant cette sonate, où la fusion entre l'extrême liberté et la contrainte formelle s'opère véritablement, Audrey Vigoureux, a inséré deux "fantaisie et fugue" de Bach, où la fantaisie du BWV 904 n'est pas si libre dans puisque elle suit un plan précis, avec un refrain repris quatre fois dans des tonalités différentes, et la fugue prend certaines libertés. La fantaisie du BWV906 suit aussi un plan strict, et sa fugue est inachevée ( elle comporte 48 mesures), et détonne totalement avec ce que l'on peut connaître de ce compositeur, avec des dissonances. Selon certains musicologues, il semblerait que Bach n'en a écrit que les trente premières mesures et qu'une autre main, inconnue, a tâché de poursuivre... et à mesurer par cet enregistrement combien elle se conjugue merveilleusement avec le début de la sonate opus 110 de Beethoven, on pourrait presque se laisser à imaginer que c'est lui qui l'a poursuivit, une impression en fait due à la similitude de tonalité d'accord !
Quoi qu'il en soit la pianiste, si elle met des ponts entre les oeuvres, fait par contre sauter les barrières entre fantaisie et fugue, en choisissant de jouer les fantaisies avec rigueur et les fugues avec fantaisie, un choix qui s'avère aussi nullement fantaisiste, bien au contraire son enregistrement en est ainsi particulièrement captivant du début à la fin, menée par une énergie que l'on pourrait qualifier de particulièrement vigoureuse, mais au risque de paraître fantaisiste, car son jeu se fait aussi fort heureusement parfois plus doux et rêveur ! Découvrez plus bas dans cette page un extrait de ce disque déjà riche en contrastes.
Ce disque est votre premier disque : dans quelles conditions a-t-il pu être réalisé et comment avez-vous vécu ce premier enregistrement ?
J'ai mis du temps à me confronter à l'exercice de l'enregistrement car je manquais de confiance, et que j'avais l'impression d'une certaine "prétention" à vouloir fixer mes interprétations sur un support. J'ai du me jeter à l'eau, car c'est aujourd'hui indispensable dans une carrière de musicien... J'ai contacté Nicolas Bartholomée, qui m'a tout de suite répondu positivement, me disant qu'il me "suivait" depuis un certain temps, et que le programme que je lui proposais lui plaisait beaucoup.
Quelques mois plus tard, nous avons enregistré, au Studio Ansermet à Genève, qui est une endroit génial pour cela. Une salle de concert, avec les qualités d'un studio d'enregistrement. Nicolas est venu accompagné d'un autre ingénieur du son, Damien Quintard, et nous nous sommes très bien entendu. Nous avions prévu 3 jours d'enregistrement, mais en 2 jours, tout était dans la boite: Nicolas m'a alors invité à faire un 3ème jour d'enregistrement beaucoup plus libre, plus fou. C'était une expérience géniale, nous avons réenregistré tout le programme ! On ne s'arrêtait plus...
Nicolas et Damien ont été des partenaires précieux. J'ai adoré faite ce disque avec eux, et je me réjouis déjà du suivant. J'ai été à Paris dans les studios de Litlle TRibecca pour finir le montage avec Damien. Ensuite, Nicolas a adoré la bande, et m'a proposé de produire le disque, dans son nouveau label, Evidence. J'ai eu en charge de faire le livret, et pour cela, j'ai fait appel à des proches : les textes, les photos, les traductions, tout est l'oeuvre de gens que j'aime et qui me connaissent bien... J'ai été soutenue par la ville et le canton de Genève, et par un couple de mécènes privés, amoureux de musique et d'art en général.
Vous avez choisi des compositions qui mettent en relation des formes de la fantaisie et le fugue chez Bach et Beethoven, quelles sont les raisons de ce choix ?
C'est d'abord bien sûr, des affinités particulières avec les 3 dernières sonates de Beethoven, que j'ai beaucoup jouées en concert. C'est aussi un coup de coeur pour ces oeuvres moins connues et moins jouées de Bach, les Fantaisie et Fugues 904 et 906. J'ai un amour particulier pour la double fugue en la mineur BWV 904, dont la construction et la beauté me fascinent.
J'avais envie de les mettre en relation pour plusieurs raisons : pour évoquer la liberté, et la contrainte, et de ce fait, la liberté dans la contrainte, et la contrainte dans la liberté.  La fusion s’opère véritablement dans la Sonate opus 110 de Beethoven tendue entre l’extrême liberté de l’inspiration et l’ambition formelle. 
Ensuite, parce que je trouve que la sonate opus 27 n°1 "quasi una fantasia" cohabite particulièrement bien avec l'opus 110, de part sa forme, sa tonalité, et, si l'on tend bien l'oreille, on entend même, dans les dernières mesures du final, quasi le motif  de la fugue de l'opus 110... Autre pont amusant, la fugue inachevée BWB 906 de Bach, se termine sur une accord de la bémol Majeur, qui se trouve être l'exact 1er accord ouvrant l'opus 110.
Dans les deux œuvres de Bach, ces deux formes se suivent et sont clairement identifiées comme telles, par contre il n’a pas achevé la fugue du BWV 906 et en fait Bach a peu composé de Fantaisies et fugues regroupées, alors qu'il a composé nombreux préludes et fugues, peut-on rapprocher ses fantaisies de ses préludes ? 
Oui on peut bien sur rapprocher les formes de Préludes et Fugues et de Fantaisies et Fugues. Sauf qu'un prélude est en général une pièce plus courte, et moins autonome chez Bach, il ouvre la voix au discours plus complexe de la fugue. La Fantaisie est une forme libre, comme le prélude, mais beaucoup plus développée. C'est une vraie pièce en elle même, on entend d'ailleurs souvent les fantaisies jouées sans les fugues.
Beethoven a composé la sonate op.110 vingt ans après la sonate op2 n°1 « quasi fantasia» et n’a pas qualifié celle-ci de quasi sonate, en quoi cette sonate qui comporte une fugue en mouvement en demeure-t-elle plus une que la précédente ?
Mon professeur Jacques Rouvier, dit souvent "Les premières sonates de Beethoven, ce sont des quatuor à cordes, les suivantes, des symphonies, et les dernières, c'est de la philosophie" . En effet, l'opus 110 , comme la 109 ou la 111, est une sonate totalement atypique, qui casse les codes formels de la sonate. Et c'est de la "philosophie" dans le sens du discours, c'est à dire que le discours est tellement fort, essentiel, qu'on s'éloigne de tout ce qui est formel, pianistique au sens premier. Il y a une sorte d'élévation, sans vouloir mystifier mon propos. Il n'y a plus de limites, dans l'exploitation des timbres, du registre du piano, de la structure, et en même temps, il y a un extraordinaire lyrisme, ( le 1er mvt et les deux ariosos) et une volonté puissante de construction, de matérialisation (deux fugues), de sublimation, de dépassement de la condition humaine. 
J'ai une grande tendresse pour la sonate opus 27 n.1 "quasi una fantasia": elle regorge de contrastes incroyables que j'adore chez Beethoven, oscillant d'une extrême pudeur, parfois même, coquetterie, à une certaine violence assumée, une intimité simple, puis une grande espièglerie, une chaleur enveloppante, puis un rêve édulcoré... L'exploitation du piano dans cette sonate me plait particulièrement: registres, timbres, rythmiques, orchestration. C'est d'ailleurs assez redoutable techniquement... Et encore une fois, j'aime la liberté de la forme et des idées, et la géniale inventivité : la capacité à rendre une thème minimal, presque banal, en une oeuvre captivante.
Avez-vous souvent eu l’occasion de jouer ces œuvres en concert et quels sont vos prochains concerts ?
Oui je les ai beaucoup jouées en concert, surtout les sonates de Beethoven.
Prochains concerts :
8 mai : Genève Festival Les Athénéennes, avec Sarah Nemtanu, Miguel Da silva et Edgar Moreau, Chostakovitch, Fauré
16 mai : concert "surprise" -Les Athénéennes Genève, Suisse 
17 mai : concert 2 pianos, avec Fabrizio Chiovetta, Festival Vernier Classique


Pour écouter
avec l'aimable autorisation
du label
Evidence classics
Johann Sebastien Bach
Fantaisie et fugue BWV906 - Fantaisie
Audrey Vigoureux, piano
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A écouter également
Beethoven 'Piano Sonata n°31 Op. 110 (moderato cantabile) Audrey Vigoureux, piano

 

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